Un site web bilingue à Laval ou Montréal : ce que la loi demande et ce que les clients attendent
Quand j’ai construit le site de Sayara Auto, un garage à Laval, la première question du propriétaire ne portait pas sur le design. C’était : est-ce que ça doit être en français, et est-ce que ça peut aussi être en anglais. Oui et oui. Voici ce que ça veut dire concrètement.
La règle
La Charte de la langue française couvre les publications commerciales, et un site web en est une. Une entreprise qui exerce au Québec doit rendre son site disponible en français, et la version française ne peut pas être plus difficile à trouver ni moins complète qu’une autre langue. L’anglais est permis, tant que le français est là à conditions égales. Les changements récents à la loi ont augmenté les amendes et donné plus de moyens à l’Office québécois de la langue française pour agir sur les plaintes.
Je ne suis pas avocat, et ceci n’est pas un avis juridique. Si votre cas est particulier, demandez à l’OQLF ou à un avocat. Mais pour un garage, une boutique ou une entreprise de services, la règle pratique est simple : construisez-le en français, offrez l’anglais, et rendez les deux faciles d’accès.
Deux façons de faire, et celle que j’utilise
Un bouton sur une seule page. Une adresse, un bouton qui remplace chaque texte. C’est rapide à construire et ça paraît fluide. L’inconvénient : les moteurs de recherche indexent surtout une langue, alors votre page française n’apparaît jamais pour les recherches en français, ou l’inverse.
Deux ensembles de pages. Le site français vit à une adresse et le site anglais à une autre, par exemple /fr/ et /. Chaque page indique à Google où se trouve sa jumelle avec une petite balise hreflang. Les deux langues sont indexées, les deux se classent, et un visiteur qui cherche en français arrive en français.
Pour une entreprise locale qui veut être trouvée, j’utilise la deuxième. Ce site fonctionne comme ça. Le site de Sayara Auto utilise un bouton parce qu’il tient sur une page et que les réservations comptent plus que la recherche ; je le passerai à deux ensembles de pages quand le blogue s’ajoutera.
Ce que les clients attendent, au-delà de la loi
- Du français du Québec, pas du français traduit. Les gens le remarquent. C’est « pneus d’hiver », « réserver ma place », « on vous rappelle ». Un outil de traduction donne des phrases correctes et un peu à côté, et un peu à côté coûte de la confiance.
- Le même contenu des deux côtés. Si la page française a cinq services et la page anglaise en a trois, le lecteur anglophone se demande ce qu’il manque d’autre.
- Les titres et descriptions traduits aussi. Le texte que Google montre sous votre lien est écrit dans l’en-tête de la page, pas dans la page visible. La plupart des sites bilingues l’oublient, et le résultat français affiche un titre anglais.
- Les formulaires et confirmations dans la bonne langue. La confirmation de réservation qui arrive en anglais après un formulaire en français, c’est un petit détail qui donne l’impression d’une entreprise négligente.
Une liste de vérification pour votre site actuel
- Ouvrez votre site dans une fenêtre privée. Le français est-il là, et est-ce la première chose que vous voyez, ou à un clic ?
- Cherchez le nom de votre entreprise sur Google en français. Le résultat est-il en français ?
- Lisez vos pages françaises à voix haute. Un voisin l’écrirait-il comme ça ?
- Envoyez-vous un formulaire ou une réservation. Dans quelle langue arrive la réponse ?
Si deux points ou plus échouent, la correction prend habituellement quelques jours de travail, pas une reconstruction. Écrivez-moi et je vous dirai laquelle des deux c’est pour votre site.